Pose de la Première Pierre du nouveau séminaire

Le Patriarche Rai pose la première pierre du Séminaire Redemptoris Mater

 

Le Patriarche maronite Mar Bechara Boutros Rai a posé la première pierre du nouveau bâtiment du séminaire  Redemptoris Mater qui sera construit près de l’Eglise Saint Michel à Chiyah. La cérémonie a eu lieu avec la participation du nonce apostolique S.E. Mgr Gabriel Caccia, les évêques Boulos Matar, Michel Aoun et Elie Bechara Haddad et le président du séminaire Père Guillaume Bruté de Rémur, en présence du Président Gen. Michel Sleiman, S.E. Mgr. Elias Kfouri représentant le patriarche grec orthodoxe Youhanna Yaziji, Sheikh Sami Abdel Khalek représentant le Sheikh de la communauté druze Sheikh Naim Assan, le député Hikmat Dib, représentant le Chef du CPL, Ministre Bassil, les députés Robert Ghanem, Naji Gharios représentant le Chef du bloc du changement et de la réforme Général Michel Aoun, Bilal Farhat représentant le « bloc de la fidélité à la résistance » et Akram Mcharrafieh représentant le député Talal Irslan. Etaient également présents: Une délégation du Conseil Général Maronite représentant son Président l’ancien ministre Wadih El Khazen, l’ancien ministre général Issam Abou Jamra, Mahmoud Komati représentant le Secrétaire Général du Hezbollah Sayed Hassan Nasrallah, ancien ministre Tony Karam représentant le chef des Forces Libanaises Samir Geagea, l’ancien ministre Youssef Saade représentant le courant Al Marada, Ali Reda représentant le mouvement Amal, le président du Syndicat des journalistes Elias Aoun, la directrice de l’Agence Nationale de l’Information Laure Sleiman Saab en plus de nombreux présidents de municipalités. 

Suite à un hymne à la Sainte Vierge, le curé de la paroisse, Abouna Salim Makhlouf a dit :

Ceux qui sont ici présents penseraient que Sa Béatitude visite aujourd’hui Chiyah pour poser la première pierre du nouveau bâtiment du séminaire Redemptoris Mater  du chemin néo-catéchuménal, mais vous êtes la pierre angulaire de la nation et des chrétiens de cet Orient blessé, Votre présence Béatitude, est très importante dans cette région qui était un jour une ligne de front du conflit et du combat, et qui est aujourd’hui une ligne de rencontre et de dialogue et une image du Liban, patrie de coexistence, de fraternité, de respect de la diversité et de la construction des ponts, comme l’a dit le Saint Pape Jean Paul II... Votre Béatitude, vous avez jeté les fondations de ce projet dès votre intronisation comme Patriarche d’Antioche et de tout l’Orient, lorsque que vous avez appelé à la communion et à l’amour. Et vous, votre Eminence, Mgr. Boulos, vous qui êtes connu pour votre vigueur, flexibilité et tolérance, et à la fois pour votre fermeté et sagesse dans la prise de décision et la bonne gestion, lorsque vous avez approuvé l’édification de ce séminaire à Chiyah, vous nous avez rappelé la visite des Evêques Toubia Aoun et Youssef Debs à la province de Beyrouth dans le temps, et l’histoire témoignera que leur vision se perpétue à travers vous, Eminence. 

S’adressant en français à S.E. Mgr. Caccia qui visite la région de Chiyah pour la troisième fois représentant Sa Sainteté Pape François, Père Makhlouf a continué

votre bénédiction aujourd’hui ajoute une rose à celles que Mgr. Matar a offertes pour la construction du Séminaire  Redemptoris Mater à Chiyah qui sera une source pour l’Eglise Universelle.    

Il a finalement conclu :

Je m’adresse à tous ceux qui partagent avec nous cette belle occasion : Votre participation témoigne de la parole de notre Seigneur: Je ne vous laisserai pas orphelins. Ceci veut dire que l’Eglise continue à travers ses prêtres, son peuple et son Eucharistie, et votre témoignage est un rendez-vous permanent avec St Michel, le Saint Patron de cette région qui a battu le mal dans le ciel et vous, par votre foi, vous triomphez du mal sur la terre par la force de la prière, de l’espérance et de l’amour. C’est ainsi que vous mettez en application la parole du Seigneur : Bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous haïssent. C’est par ces paroles que le Seigneur a réussi à ôter la rancune de nos cœurs pour que nous puissions vivre tous ensemble et pour que l’amour puisse être la pierre angulaire de la coexistence. Nous prions ensemble, au début de cette année jubilaire de la miséricorde pour que l’Esprit Saint descende sur nous et sur cette région qui a prouvé jusque-là être un projet de paix et de sainteté, afin que la miséricorde remplisse nos cœurs et que nous agissons avec miséricorde les uns avec les autres.   

Dans son mot de circonstance, le président de la Municipalité de Chiyah Monsieur Edmond Gharios a souligné que la chrétienté n’existerait pas sans la rencontre d’autrui.

Elle brille davantage quand on va vers les autres... Pourquoi la région de Chiyah a été choisie pour accueillir le séminaire Redemptoris Mater ? Parce que c’est la volonté de Dieu qui en a voulu ainsi et parce que Chiyah est au cœur de la géographie du littoral… parce que les actions sont plus effectives quand elles sont lancées à partir du cœur, parce que Chiyah est un rocher solide que les tempêtes à travers l’histoire n’ont pas pu rompre ni engloutir, parce que Chiyah est un point de rencontre et jamais de divergence. Parce que Chiyah a vécu l’épreuve, et les bénédictions se cachent dans les épreuves. Parce que Chiyah a connu la rupture et n’a retrouvé sa stabilité qu’à travers la liaison. Parce que Chiyah qui s’est relevée de ses décombres, vit chaque  jour la naissance et la résurrection. Parce que Chiyah  ressemble à une ruche d’abeilles, elle fait aujourd’hui preuve de coopération entre ses différentes composantes pour aboutir à la construction et la paix, la fusion de toutes les couleurs afin de former une seule: le blanc. Comme si Chiyah avait un rôle à jouer, une mission à accomplir et au Liban et à l’étranger. 

Il a clôturé en disant :

Que ta volonté soit faite, Seigneur. Que ta parole même soit notre salut.

Dans son mot de circonstance, Père Guillaume Bruté de Rémur, recteur du séminaire Redemptoris Mater, a remercié tous ceux qui ont contribué et contribueront à la construction de ce séminaire, espérant qu’en ce lieu soit réalisé ce que le Pape a demandé quant à la formation de prêtres saints et purs. Il a expliqué que dès son arrivée au Liban il y a 16 ans, il rêvait de voir ce séminaire construit à côté de St. Michel à Chiyah, louant les nombreux efforts déployés par l’évêque Matar

afin que le séminaire soit construit dans cette région historique qui revêt une grande signification pour les libanais.

A son tour, le Patriarche Rai a souligné l’importance géographique de ce séminaire où seront formés des prêtres auxquels la Parole de Dieu est confiée. Il a dit :

C’est à partir de l’obéissance de Marie à la Parole de Dieu que l’annonciation a eu lieu : Je suis la servante du Seigneur, a-t-elle dit, et elle a servi la Parole qui a été faite chair. Notre mère a obéi à Dieu et Saint Joseph en fit de même. Il a écouté la parole et l’a vécue. L’écoute génère la foi et ceci s’applique dans toutes les religions. La parole écoutée génère la foi et s’applique en vie et en pratique. Ce qui est important c’est non seulement la foi mais l’obéissance de la foi. Ce ne sont pas tous ceux qui me disent: Seigneur, Seigneur, qui entreront dans le royaume des cieux; mais celui qui fait la volonté de mon Père. Nous posons la première pierre du Séminaire dans l’objectif de former des prêtres à répandre la Parole. Lorsque Sa Sainteté Pape François a demandé au Père Guillaume des prêtres braves, bons et saints, cela signifie des prêtres qui vivent ce qu’ils apprennent au Séminaire... L’école de la foi prépare le prêtre à aller devant son peuple, à marcher avec eux, à vivre parmi eux en communauté de foi engagée à vivre la Parole de Dieu et à aller derrière eux. Ceci s’applique à toute notre vie quotidienne. Nous ne pouvons pas séparer l’éducation et la culture de la vie. Comme dans la vie spirituelle, la Parole est importante aussi dans notre vie sociale et au niveau de l’Etat. 

Il a poursuivi :

Aujourd’hui, nous vivons une tragédie au Liban parce que la Parole n’est pas appliquée, c'est-à-dire la constitution, les lois et les législations. Il ne suffit pas de connaitre la loi, parce que l’héroïsme ne réside pas dans le savoir mais dans l’application du savoir. Nous posons la première pierre de ce séminaire parce que toute maison a besoin de fondement solide comme la pierre. Nous croyons que le Christ est la pierre de l’humanité et chacun peut construire sa maison, quelle que soit sa religion... le pays est devant une initiative sérieuse pour l’élection d’un président de la république. Les parents sont la pierre angulaire de la maison, et le Président est la pierre angulaire de l’Etat. Là où il y a une pierre angulaire, rien ne s’ébranle. Sans foi solide comme la pierre, la maison s’écroule. Il en est de même pour l’Etat qui s’écroulerait sans pierre angulaire, sans Chef d’Etat. La paralysie du Parlement et du Gouvernement en est la preuve et le vif exemple. Je pense que les responsables au Liban ont compris que l’Etat ne peut pas exister sans fondement et que le Pays s’effondrerait s’ils ne respectaient pas la Constitution... Nous ne sommes pas deux camps différents. Nous travaillons ensemble et nous sommes appelés à  prendre une décision unie et globale qui puisse relever le pays pour qu’il puisse faire face aux tourbillons qui mouvementent le Moyen Orient et retrouver sa position au sein de la communauté internationale et arabe. » Il poursuit : « Une sérieuse initiative se présente aujourd’hui et les blocs politiques et parlementaires sont tenus d’assumer leurs responsabilités et de prendre une décision unifiée et globale qui puisse soutenir le pays.

Et de conclure :

Tout prêtre qui suit sa formation au Séminaire Redemptoris Mater est un prêtre qui accompagne les citoyens. Son rôle est celui de l’Eglise qui rappelle les valeurs et les constantes à tous ceux qui travaillent dans le domaine des affaires publiques. Nous prions avec toutes les composantes de cette cérémonie et ses symboles nationaux ici présents à Chiyah, afin que dans ce séminaire, soient formées  des personnes dédiées à construire des ponts entre  les hommes et Dieu d’une part, et entre les hommes dans toutes leurs diversités d’une autre part.    

Mgr. Boulos Matar, archevêque Maronite de Beyrouth, s’est exprimé, disant:

Rien ne peut être ajouté aux dires du Patriarche. Mais permettez-moi simplement d’exprimer au nom du Diocèse de Beyrouth dont Chiyah occupe le cœur, ma joie de voir sa Béatitude bénir ce diocèse, voire bénir tout le Liban. J’ai une affection particulière pour cette église parce que j’y ai célébré la messe pour la dernière fois avec quatre personnes le 13 avril 1975 à 19h :00 suite aux incidents du bus de Ain El Remmaneh. Le noir enveloppa ensuite la région... cette Eglise a été bombardée et blessée, mais elle fut comme le corps du Christ mort puis ressuscité. En effet, après 13 ans de douleur, de souffrance et d’endurance, cette Eglise est revenue dire aux gens vous êtes des frères et des parents. Les habitants de Chiyah sont retournés et la première chose qu’ils ont accomplie après la guerre était le retapage de l’Eglise par la sueur de leur front, leurs efforts et leur foi, et j’avais la grande joie d’y célébrer la première messe après la rénovation... Je dis cela pour revoir l’histoire ensemble. Seul ce qui est juste persistera. Le Liban retrouvera son authenticité aujourd’hui, demain, et pour toujours. Le Pape Jean Paul II a dit que le Liban est un message, et il demeurera un message de coexistence et de vie commune et décente telle que nous la connaissons ici à Chiyah et dans toutes les régions du Liban. Chiyah est devant un nouveau rôle aujourd’hui.  Après avoir  soigné les blessures du Liban et retrouvé son souffle, un nouveau rôle l’attend avec la construction de ce séminaire, un rôle qui s'étend sur tout le Moyen Orient. En effet, ce séminaire est fondé au Liban pour le Moyen Orient. Il accueillera des séminaristes venus de tous les pays du monde, en particulier de l’Europe et de l’Afrique, afin de semer l’amour et la paix au Moyen Orient. Ils reconstruisent cette région sur une base d’amour, de respect, et de fraternité entre les libanais; des valeurs que nous espérons restituer et sauvegarder malgré tout. 

En conclusion, il a déclaré :

en 2010, nous étions à Rome où un concile a été tenu pour le Moyen-Orient, durant lequel on a parlé longuement de cet Orient fondé sur la vraie citoyenneté et la solidarité du peuple toute religion et tous rites confondus, ainsi que de la liberté religieuse. Nous n’avons pas le droit de juger, c'est Dieu qui juge. Nous devons respecter et aimer l’autre comme Dieu nous a demandé. Ce séminaire a pour but de semer l’amour et la réconciliation au Moyen Orient. J’ai toujours appelé à la réconciliation, non seulement entre les Chrétiens mais entre les Chrétiens et les Musulmans, et entre les Musulmans eux-mêmes.   

Un documentaire à propos du Séminaire Redemptoris Mater a été présenté durant la cérémonie qui fut clôturée par la bénédiction apostolique du Pape François, lue par le nonce apostolique.

 

 

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