Un séminariste au Caire

... la langue arabe peut s’apprendre

     

          Sa grammaire est tout aussi intriquée que les labyrinthes des pyramides de Gizeh. Son vocabulaire est vaste et obscur comme les eaux du Nil. En Égypte, j’ai pourtant pressenti qu’avec de la patience et de la persévérance, la langue arabe peut s’apprendre.

          Je m’appelle Carlo, je suis un séminariste italien arrivé en novembre dernier au séminaire Redemptoris Mater de Beyrouth, au Liban. Ces temps-ci, je suis tenu d’étudier l’arabe et le français, les langues communément parlées dans le pays. Voilà pourquoi, en janvier, j’ai été envoyé au Caire, en Égypte, pour suivre un cours intensif d’arabe classique (5 heures par jour, avec un enseignant pour moi tout seul). Le cours se donnait à l’institut Dar Comboni, école des pères comboniens fréquentée par un public hétérogène ‘’d’étrangers’’ (religieux et missionnaires, mais aussi voyageurs et diplomates).

          Comment ça l’a été?

           Après le choc inévitable des premières journées, grâce à Dieu, un vénérable prêtre combonien m’a révélé le secret pour apprendre l’arabe. Il faut posséder ‘’les vertus des trois animaux’’ disait-il: « Tu dois être têtu comme une mule, supporter les charges comme un âne, et résister aux longues traversées du désert comme un chameau ». À vrai dire, pour l’instant, je m’identifie seulement à l’âne, et non pour ce qui est de la capacité de porter les charges! Du moins, je commence à espérer.

          Au Caire, j’étais hébergé dans une famille du chemin néocatéchuménal qui m’a accueilli comme un fils et un frère. À Noël, nous sommes allés ensemble à la messe de minuit: une célébration internationale où l’on priait en anglais, en italien, en français, en tigrinya (langue officielle d’Érythrée) et en arabe. Le lendemain, le déjeuner a été particulièrement grandiose : un excellent service et une dizaine de mets délicieux accompagnés de bon vin. Autour de la table, une vingtaine d’invités, de la grand-mère âgée - venue avec son toutou - jusqu’aux neveux les plus petits.

          À la veille du jour de l’an, après la célébration eucharistique avec les frères de la communauté, nous avons joué à la loterie napolitaine. Le premier prix : un kilo de sucre - chose devenue précieuse en Égypte à cause de la crise économique qui sévit dans le pays. J’ai moi-même gagné quelque chose, une boîte de sardines, pour être exact!

          Vivre au milieu de cette famille a été un véritable don. Grâce à eux, je crois avoir compris un peu mieux la vie et les problèmes des chrétiens du Caire, leurs difficultés et leurs combats; ce qui ne manque pas dans un grand pays à majorité musulmane.

 

 

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